Pourquoi les recruteurs réduisent leurs listes d’écoles, et comment rester dessus
Aux États-Unis, les recruteurs ciblent en moyenne 25 écoles en 2024, contre 39 en 2020 (Veris Insights). Au Royaume-Uni, la liste des grands employeurs est revenue à 27 universités après un creux à 22 (High Fliers). Partout, les écoles qui restent sont celles qui montrent des résultats chiffrés à leurs partenaires.
Que disent vraiment les chiffres américains et britanniques ?
Deux enquêtes, menées dans deux pays différents, avec des méthodes différentes, racontent une même tension autour de la notion d’écoles cibles, celles sur lesquelles un employeur concentre son recrutement campus.
| Source | Pays | Chiffre |
|---|---|---|
| Veris Insights | États-Unis | 25 écoles cibles en moyenne en 2024, contre 39 en 2020 |
| High Fliers Research | Royaume-Uni | 27 universités ciblées en moyenne en 2024, après un creux à 22 |
Que veut dire exactement « école cible » ?
Une école cible, ou core school dans la littérature américaine, désigne une école sur laquelle un employeur concentre volontairement son recrutement campus : présence régulière aux forums, budget dédié, relation suivie d’une année sur l’autre, plutôt qu’une visite ponctuelle décidée au dernier moment.
La distinction compte parce qu’elle change la nature de la relation. Une école cible reçoit des visites même les années où le marché de l’emploi ralentit ; une école visitée de façon opportuniste est la première dont le budget disparaît quand l’employeur resserre ses dépenses.
Devenir une école cible ne dépend pas seulement de la taille de l’école ou de sa réputation. Une école plus petite, mais qui répond systématiquement aux demandes d’un partenaire avec des chiffres précis, peut occuper cette place face à des écoles plus connues mais moins réactives.
Cette place se perd aussi progressivement plutôt que d’un coup : un partenaire réduit d’abord la fréquence de ses visites, puis le budget qu’il y consacre, avant de retirer complètement l’école de sa liste l’année suivante. Chacune de ces étapes laisse une fenêtre pour réagir, à condition de la voir venir.
Quelles sont les limites de ces chiffres ?
Les deux enquêtes portent sur des périmètres différents (grands employeurs américains d’un côté, grands employeurs britanniques de l’autre) et ne se cumulent pas en une tendance mondiale unique.
Le mouvement américain, à lui seul, ne dit pas non plus que les listes rétrécissent partout ni pour toujours : le rebond britannique, sur la même période, montre qu’une liste qui s’est resserrée peut aussi s’élargir de nouveau. Aucune des deux sources ne permet d’affirmer qu’une école française ou une autre discipline suit exactement la même courbe : elles donnent un ordre de grandeur et une direction, pas une prévision.
Ce qui reste solide dans les deux enquêtes, c’est la raison invoquée par les recruteurs eux-mêmes pour ajuster leur liste : le retour sur l’investissement de chaque école, mesuré ou non.
Une école qui cite ces chiffres a intérêt à toujours préciser le pays, l’année et la source, exactement comme ce guide le fait ici : c’est ce qui distingue un chiffre utilisable devant un partenaire d’un chiffre qui se fera immédiatement contester.
Qu’est-ce qui fait entrer ou sortir une école d’une liste ?
Trois raisons reviennent le plus souvent dans les deux enquêtes et dans les échanges qu’une équipe relations entreprises a directement avec ses partenaires.
La première, un budget de recrutement qui ne s’étire plus autant qu’avant : avec un budget annuel médian de 114 000 dollars aux États-Unis en 2024 selon NACE, chaque école visitée doit justifier sa part de ce budget.
La deuxième, la disponibilité d’un chiffre. Une école qui peut dire à un partenaire son coût par recrutement chez elle défend sa place avec un argument que l’employeur peut comparer à ses autres canaux. Une école qui ne peut donner que le nombre de visiteurs à son dernier forum défend sa place avec un argument que l’employeur ne peut comparer à rien.
La troisième, le calendrier de recrutement de l’employeur lui-même : près de 87 % des employeurs américains recrutent à la fois des stages et des postes permanents à l’automne, selon NACE, ce qui concentre la décision sur quelques mois et laisse peu de place à une école qui arrive tard avec un dossier incomplet.
Que peut montrer une école dès maintenant ?
Sans attendre une nouvelle enquête ni un nouvel outil, une école peut réunir pour ses trois ou quatre partenaires les plus importants ce qu’ils ont investi, qui ils ont rencontré et ce qu’ils en ont obtenu, et leur envoyer ce chiffre avant qu’ils ne révisent leur liste.
C’est exactement la démarche décrite dans le guide sur la performance des relations entreprises et dans le guide sur le bilan partenaire : les mêmes quatre indicateurs, présents, candidatures, recrutements, coût par recrutement, appliqués à la question précise que pose ce guide, rester sur la liste.
Une école peut aussi montrer un chiffre qu’aucun concurrent n’a : le taux de conversion de ses stagiaires et alternants en embauches chez ce même partenaire. C’est souvent le chiffre le plus convaincant pour un employeur, parce qu’il mesure directement ce qu’un partenariat produit au-delà d’un simple événement ponctuel.
Ce chiffre sert-il aussi pour une accréditation ?
Oui, et c’est un deuxième usage du même travail. Les organismes d’accréditation comme l’AACSB demandent des preuves d’engagement avec le monde professionnel de la part des écoles de commerce candidates : des événements avec les entreprises, des partenariats suivis dans la durée, des recrutements qui en découlent.
Les mêmes chiffres qui convainquent un partenaire de rester sur votre liste (présents, recrutements, coût par recrutement) deviennent, présentés différemment, des preuves datées pour un dossier d’accréditation. Réunir cette matière une seule fois sert donc les deux objectifs à la fois.
La différence tient surtout à la présentation : un dossier d’accréditation demande une preuve datée et exportable, par événement et par partenaire, alors qu’un argument destiné à un partenaire tient sur une seule page résumée à son cas particulier.
À retenir
- Les recruteurs américains ciblent en moyenne 25 écoles en 2024, contre 39 en 2020, selon Veris Insights.
- Au Royaume-Uni, la liste des grands employeurs est au contraire remontée à 27 universités, après un creux à 22, selon High Fliers Research.
- Les deux enquêtes portent sur des périmètres différents et ne prouvent pas que les listes se réduisent partout : la tendance dépend du pays et de la période.
- Un budget de recrutement campus qui ne s’étire plus (114 000 dollars médians aux États-Unis en 2024, NACE) pousse les employeurs à concentrer leurs écoles sur celles qui prouvent un résultat.
- Une école peut défendre sa place dès maintenant avec le coût par recrutement de ses trois ou quatre partenaires principaux, sans attendre un nouvel outil.
La performance des relations entreprises
Le guide qui détaille les quatre indicateurs et les deux documents qui prouvent les résultats obtenus pour chaque partenaire.
Lire la page pilierTrente minutes pour préparer votre prochaine liste.
Apportez le nom de vos trois principaux partenaires : vous repartez avec ce qu’il faudrait pour leur montrer votre coût par recrutement.
Trente minutes en visio, sans engagement.